Short Stirling, avril 1943

Stirling en finale

Superbe vue d'un Stirling III en finale [photo IWM CH 11683].

Premier des quadrimoteurs du Bomber Command, entré en service dès août 1940 au No. 7 Squadron, le Short Stirling définit le standard des bombardiers lourds britanniques des années 1942-45. Son équipage de sept hommes comprend un pilote, un mécanicien navigant, un navigateur (installé dans une cabine aux vitrages occultés), un bombardier (qui lit les cartes et assure la visée lors du bombardement), un opérateur radio et deux mitrailleurs. Quel que soit son grade, le pilote est aussi le commandant de bord. La défense de l'appareil repose sur trois tourelles hydrauliques armées au total de 8 mitrailleuses de petit calibre (7,7 mm) : une Fraser-Nash F.N.20 ou F.N.120 quadruple dans la queue, une F.N.50 double au-dessus et une F.N.5A double à l'avant (servie occasionnellement par le bombardier, elle est rarement utilisée de nuit).

Le Stirling est propulsé par quatre moteurs en double étoile Bristol Hercules XI (Stirling Mk. I) ou VI (Mk. III)[1], qui développent chacun une puissance maximale[2] de respectivement 1590 h.p. (1612 ch ou 1186 kW) et 1675 h.p. (1698 ch ou 1249 kW). Sa vitesse de pointe atteint 418/435 km/h (Mk. I/Mk. III)[3], mais l'avion croise plus normalement aux alentours de 300 km/h à 3000-3700 m. Pour un poids total au décollage de 31,75 t, il peut emporter 6350 kg de bombes et du carburant pour franchir une distance aller-retour de 1190/950 km[4]. Lors de l'attaque sur Stuttgart, les Stirling I du No. 3 Group, qui doivent parcourir environ 1800 km, transportent entre 1635 et 2340 kg de bombes incendiaires, les Mk. III entre 1250 et 1905 kg.

Conçu pour répondre à une spécification de 1936, le modèle souffre de deux handicaps majeurs. Si un pilote chevronné sur une machine bien réglée arrive à grimper jusque 18 000 pieds (5500 m), la plupart des Stirling ne dépassent pas 10-12 000 pieds (3000-3700 m) à pleine charge, ce qui les rend vulnérables à la chasse allemande, comme à la Flak, voire aux bombes larguées de plus haut par les Lancaster et Halifax. Autre problème, leurs soutes compartimentées n'acceptent pas de projectiles plus lourds que 2000 livres. En contrepartie, le Stirling possède une extraordinaire maniabilité, susceptible d'en remontrer à un chasseur monomoteur. Dès lors que les mitrailleurs détectent à temps l'approche d'un intercepteur ennemi, son pilote pourra exécuter les plus violentes manœuvres et semer son poursuivant. Mais cela ne suffit pas à réduire le taux de perte, supérieur à celui des autres types de bombardier, au point qu'au printemps 1943, Harris a classé l'avion dans la catégorie des engins périmés à remplacer au plus vite.

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[1] Le Stirling III équipé de Hercules XVI (un Hercules VI doté d'un dispositif de contrôle automatique du mélange air-essence) commence seulement à arriver en escadron : le premier exemplaire est livré en avril.

[2] Durant une période inférieure à cinq minutes.

[3] Les vitesses affichées dans les tableaux de performances dépendent de l'altitude et sont sujettes – dans des proportions faibles, mais bien réelles – aux variations de température et de pression.

[4] A vide, le Stirling III est plus lourd de 400 kg ; il embarque donc une charge de bombes et d'essence plus faible d'autant.