14 avril 1943,
Shipping Reccos, vers 7h30

Chaque matin quand la météo le permet, le Fighter Command envoie aux premières heures du jour des reconnaissances maritimes[1] vers les côtes françaises, belges et néerlandaises. Dans la zone d'action de la chasse britannique, les unités de la Kriegsmarine et les caboteurs qu'elles escortent préfèrent en effet naviguer de nuit. Ces sorties génèrent des affrontements nocturnes nombreux avec les forces côtières de la Royal Navy, ainsi qu'avec les Albacore et les Whirlwind[2] du No. 11 Group[3]. Les reconnaissances matinales visent alors à évaluer les résultats des combats de la nuit et à décider d'opérations anti-navires contre les éventuels bâtiments endommagés ou les trainards, surpris à la mer.

Comme souvent, les Shipping Reccos du 14 avril ramènent des informations intéressantes sur les mouvements ennemis. A 7h20, deux Spitfire VB du No. 91 Squadron de Hawkinge observent trois navires à l'entrée du port d'Ostende. Les pilotes estiment leur jauge à 1500 tonneaux pour deux d'entre eux et à 3000 pour le dernier. Un peu plus tard, deux Mustang du No. 2 Squadron[4], partis de Fowlmere à 7h16, croisent un convoi de 10 bateaux à 6 miles (10 km) au large de Zandvoort, faisant route lentement vers le nord. Le rapport mentionne 9 bâtiments d'environ 2000 tonneaux et un, beaucoup plus gros, de 4 à 5000 tonneaux.

JT, 3/6/15

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Sources
  • Fighter Command – Report on Active Operations – Sunrise to Sunset, 14th April, 1943, TNA AIR 24/577.

 

 

[1] Shipping Reccos dans le jargon de la R.A.F.

[2] Les chasseurs-bombardiers Whirlwind interviennent durant les périodes de pleine lune, tandis que les biplans Albacore de la Fleet Air Arm (l'aéronavale britannique), qui embarquent un radar, opèrent durant les nuits les plus sombres.

[3] Le No. 11 Group du Fighter Command encadre la chasse britannique du sud-est de l'Angleterre. Il est responsable de l'ensemble des opérations aériennes d'interdiction navale dans le détroit du Pas-de-Calais, ce qui explique que des Albacore lui soient rattachés.

[4] Le No. 2 Squadron dépend de l'Army Co-operation Command, mais est placé sous le contrôle opérationnel du Fighter Command.